Fukushima et santé

Les répercussions de l’accident de Fukushima sur la santé seront évaluées au cours des prochaines décennies. Plusieurs organismes internationaux ont commencé à produire des rapports exposant leurs constatations. De nouvelles données de surveillance et une information plus détaillée sur la mise en œuvre des mesures de protection vont permettre des évaluations plus précises à l’avenir.

La CCSN surveille de près la publication de rapports et de renseignements par les organismes crédibles, et examine l’information à mesure qu’elle est disponible. Les connaissances acquises sont intégrées dans le cadre de réglementation de la CCSN, s’il y a lieu.

Rapport 2020 de l’UNSCEAR

UNSCEAR 2020 Report

Annexe scientifique B (en anglais)

UNSCEAR

Cette publication est un exemplaire anticipé de l’annexe scientifique B du rapport du Comité à l’assemblée générale, approuvée à la 67e séance de l’UNSCEAR (2-6 novembre 2020).

Rapport 2013 de l’UNSCEAR

L’UNSCEAR a procédé à une évaluation des niveaux et des effets de l’exposition au rayonnement découlant de l’accident survenu à la centrale nucléaire Fukushima Daiichi en mars 2011. Pour donner suite aux conclusions préliminaires présentées le 23 mai 2012 à sa réunion annuelle, l’UNSCEAR a publié aujourd’hui le rapport complet intitulé « Levels and effects of radiation exposure due to the nuclear accident after the 2011 great east-Japan earthquake and tsunami » (traduction : Niveaux et effets de l’exposition au rayonnement découlant de l’accident nucléaire survenu après les grands séisme et tsunami de 2011 dans l’Est du Japon.)
Les conclusions sont fondées sur les estimations de l’exposition de divers groupes de population, y compris les enfants, ainsi que sur la connaissance scientifique des effets sur la santé de l’exposition au rayonnement.
Le président de l’UNSCEAR, Carl Magnus Larsson, a affirmé, en se basant sur les constatations, que l’UNSCEAR ne prévoyait pas de changements importants dans les futures statistiques sur le cancer, qui pourraient être attribuables à l’exposition au rayonnement découlant de l’accident.

Points saillants

  • Aucun changement notable n’est prévu dans les futurs taux de cancer et de maladies héréditaires en raison de l’exposition au rayonnement découlant de l’accident de Fukushima.
  • Aucune augmentation des taux d’anomalie congénitale n’est prévue en raison de l’accident.
  • Il existe une possibilité théorique que le risque de cancer de la thyroïde augmente chez le groupe d’enfants qui a été le plus exposé au rayonnement, mais la situation sera suivie de près et réévaluée à l’avenir.
  • Les évaluations des doses des travailleurs concordent en général avec les doses rapportées. Il subsiste toutefois des incertitudes quant aux expositions durant la première phase de l’accident.
  • Aucune augmentation notable du cancer ou d’autres maladies n’est prévue chez les travailleurs. Toutefois, les travailleurs les plus exposés continueront de subir régulièrement des examens médicaux.
  • Les effets du rayonnement sur les écosystèmes terrestres et marins ne semblent pas être permanents.

Les risques pour la santé – OMS

À titre d’organisme de santé principal des Nations Unies, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est responsable de l’intervention internationale d’urgence en matière de santé publique. C’est en cette qualité que l’OMS a publié une évaluation des risques pour la santé du public et des intervenants d’urgence (février 2013, en anglais) après l’accident nucléaire de Fukushima Daiichi.
Rédigé par des experts internationaux indépendants dans les domaines de la modélisation du risque dû au rayonnement, de l’épidémiologie, de la dosimétrie, des effets du rayonnement et de la santé publique, le rapport évalue les effets potentiels sur la santé du rejet de substances radioactives après l’accident nucléaire.

Points saillants

Le risque accru est exprimé en tant que hausses relatives estimées par rapport aux niveaux naturels.
Pour le public :

  • Pour le public habitant en dehors des secteurs géographiques les plus touchés par le rayonnement et même à certains endroits dans la préfecture de Fukushima, le risque prévu demeure faible et aucune augmentation observable du risque de cancer au-delà des niveaux de référence n’est prévue.
  • En ce qui concerne les résidents des secteurs les plus touchés de la préfecture de Fukushima, des estimations prudentes des doses indiquent des augmentations potentielles du risque de certains cancers au-delà des niveaux de référence en fonction du groupe d’âge et du sexe, mais qui seront probablement en deçà des niveaux détectables. Une légère augmentation du risque a été constatée pour tous les cancers solides (le cancer du sein, la leucémie et le cancer de la glande thyroïde) :
    • tous les cancers solides – environ 4 % pour les personnes de sexe féminin exposées en bas âge;
    • cancer du sein – environ 6 % pour les personnes de sexe féminin exposées en bas âge;
    • leucémie – environ 7 % pour les personnes de sexe masculin exposées en bas âge;
    • cancer de la glande thyroïde – jusqu’à 70 % pour les personnes de sexe féminin exposées en bas âge.

Il convient de mentionner que des augmentations relatives importantes représentent généralement de faibles augmentations absolues du risque. Ces pourcentages représentent des augmentations relatives estimées par rapport aux niveaux de référence, et non des risques absolus estimés de développement de ces formes de cancer. Par exemple, le risque de référence à vie de développer un cancer de la glande thyroïde chez les femmes est de 0,75 %, et l’augmentation relative estimée de 70 % pour les personnes de sexe féminin exposées en bas âge signifie un risque à vie additionnel de 0,50 % (70 % de 0,7 5% = 0,5 %). Par conséquent, pour ce groupe de femmes, le risque à vie est passé de 0,75 % à un total de 1,25 %.
Pour les intervenants d’urgence (environ 23 000 travailleurs) :

  • Les deux tiers environ des travailleurs (environ 66 %) ont reçu de faibles doses (moins de 5 mSv de dose efficace); aucune augmentation observable du risque de cancer au-delà des niveaux de référence n’est prévue.
  • Environ le tiers des travailleurs (environ 30 %) ont reçu une dose efficace totale d’environ 30 mSv. Une hausse du risque relatif de cancer de la glande thyroïde de 20 % au-delà des niveaux de référence a été établie pour les travailleurs les plus jeunes.
  • Moins de 1 % des travailleurs ont reçu une dose efficace totale d’environ 200 mSv. Une hausse du risque relatif de leucémie et de cancer de la glande thyroïde de 28 % au-delà des niveaux de référence a été établie pour les travailleurs les plus jeunes.
  • Quelques travailleurs (moins de 0,01 %) ont reçu une dose très élevée d’iode 131 à la glande thyroïde (aussi représentée comme une dose efficace totale de 700 mSv). On a estimé une augmentation du risque relatif de cancer de la glande thyroïde au-delà des niveaux de référence, surtout pour les jeunes travailleurs, bien que ces valeurs comportent une incertitude considérable.
Les auteurs du rapport mettent en garde les membres du public quant à l’incertitude de leurs estimations, indiquant que les doses estimées et les hypothèses utilisées dans cette évaluation ont été choisies délibérément de manière à réduire la possibilité de sous-estimer les risques possibles pour la santé. Ils réclament aussi une surveillance continue de l’environnement et de la santé et recommandent de ne pas négliger l’impact psychologique du tsunami et de l’accident nucléaire sur la santé et le bien-être de la population.

Estimation provisoire des doses de rayonnement – OMS

Dans le cadre de son évaluation générale de l’impact global de l’accident de la centrale nucléaire Fukushima Daiichi sur les risques pour la santé, l’OMS a publié un rapport sur l’estimation provisoire des doses (mai 2012, en anglais).
Rédigé par un groupe d’experts internationaux, le rapport présente une estimation provisoire de l’exposition du public au rayonnement à la suite de l’accident. Les doses sont évaluées pour divers groupes d’âge et différents endroits. Une autre publication, l’évaluation des risques pour la santé, est traitée ci‑dessus.

Points saillants

La dose efficace (unité de mSv) est une mesure conçue pour refléter les dommages causés sur tout l’organisme par l’exposition au rayonnement. Les doses ont été estimées pour la première année après l’accident.

  • Dans les secteurs les plus touchés de la préfecture de Fukushima, les doses efficaces estimées varient entre 10 et 50 mSv.
  • Ailleurs dans la préfecture de Fukushima, les doses efficaces estimées varient entre 1 et 10 mSv.
  • Dans les préfectures voisines de Fukushima, les doses efficaces estimées varient entre 0,1 et 1 mSv.
  • Dans toutes les autres préfectures japonaises, les doses efficaces estimées varient entre 0,1 et 1 mSv.
  • Ailleurs dans le monde, les doses efficaces estimées sont inférieures à 0,01 mSv et généralement bien en deçà de ce niveau.

Cette évaluation des doses doit être considérée comme préliminaire. De nouvelles données de surveillance et une information plus détaillée sur la mise en œuvre des mesures de protection vont permettre des évaluations plus précises à l’avenir.

Niveaux de césium attribuables à Fukushima détectés au large des côtes – Woods Hole Oceanographic Institution

Higher Levels of Fukushima Cesium Detected Offshore (en anglais)

Woods Hole Oceanographic Institution

Selon les experts de la Woods Hole Oceanographic Institution, les niveaux de césium radioactif détectés au large de la côte ouest des États-Unis et attribuables à l’accident survenu en 2011 à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ne posent pas de risque pour la santé.

Résultats pour le césium – Center for Marine and Environmental Radioactivity

Current cesium results (en anglais)

Center for Marine and Environmental Radioactivity

Le niveau le plus élevé à ce jour (11 Bq/m3) est plus de 500 fois plus bas que les limites de sûreté établies par le gouvernement américain pour l’eau potable. Ce niveau est aussi bien en deçà des limites préoccupantes en lien avec une exposition directe (baignade, navigation ou toute autre activité récréative). Les récentes données ont été rendues publiques par Our Radioactive Ocean, un programme d’échantillonnage scientifique par des citoyens lancé par M. Buesseler en 2014 en vue de surveiller les concentrations de radionucléides dans l’océan attribuables à l’accident de Fukushima.

Évaluation des doses de rayonnement et des risques connexes découlant de l’accident nucléaire de Fukushima touchant le biote marin et les humains qui consomment des fruits de mer – article de recherche, PNAS

Une étude récente publiée par l’Académie nationale des sciences des États-Unis (Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America [PNAS]) examine la dose efficace engagée que reçoivent les humains en raison de leur consommation annuelle moyenne de thon rouge du Pacifique contaminé par suite de l’accident de Fukushima-Daiichi. Selon l’étude, cette dose est comparable ou inférieure à la dose que les humains reçoivent habituellement en raison de traitements médicaux, de voyages en avion, des radionucléides présents naturellement dans nombre d’aliments et d’autres sources de rayonnement de fond.

Pour mettre la question en perspective, les auteurs de l’étude indiquent que cette dose équivaut à seulement 5 % environ de la dose induite par la consommation d’une seule banane.

Un expert vous répond : Série vidéo de la CCSN sur des questions de santé liées à l’accident de Fukushima

La CCSN a lancé une série vidéo pour répondre à quelques-unes des nombreuses questions posées par le public après l’accident de Fukushima. Dans ces vidéos, des experts de la CCSN répondent en langage simple aux questions de santé les plus courantes.

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