Résumé du Rapport d’examen de la protection de l’environnement : centrale nucléaire de Point Lepreau

Les rapports d’examen de la protection de l’environnement (EPE) résument l’évaluation technique effectuée par le personnel de la CCSN de l’efficacité des titulaires de permis à préserver la santé humaine et à protéger l’environnement dans les collectivités où ils mènent leurs activités.

Sur cette page :

Au sujet de l’installation

La centrale nucléaire de Point Lepreau se trouve sur les territoires traditionnels et visés par les traités des Nations Maliseet, Mi’kmaq et Peskotomuhkati. L’installation est située sur la côte nord de la baie de Fundy, sur la péninsule Lepreau, à environ 40 km au sud-ouest de Saint John (Nouveau-Brunswick). Énergie NB en est propriétaire et exploitante. Le site abrite plusieurs installations associées à la production d’énergie, comme un réacteur nucléaire unique, ainsi qu’une installation de gestion des déchets nucléaires dans le périmètre du site, au nord-ouest de la centrale.

Au sujet du rapport

Le résumé qui suit présente les grands domaines d’intérêt tirés du rapport d’EPE sur la centrale nucléaire de Point Lepreau. Il s’agit d’une partie seulement de l’information contenue dans le rapport intégral.

Le rapport contient les conclusions de l’examen du personnel de la CCSN sur les activités de protection et de conformité environnementales d’Énergie NB, notamment les rejets potentiels dans l’environnement liés à l’exploitation normale et les risques que posent les substances radioactives et dangereuses pour l’environnement et la santé humaine. Le rapport s’appuie sur l’information fournie par Énergie NB et sur les évaluations techniques du personnel de la CCSN, dont les suivantes :

Dans l’ensemble, le personnel de la CCSN a constaté qu’Énergie NB continue de mettre en œuvre et de maintenir des mesures de protection de l’environnement efficaces pour protéger adéquatement l’environnement et la santé des personnes qui travaillent sur le site ou qui vivent aux alentours. Il a aussi conclu que les risques pour l’environnement que posent les rejets observés au cours des 5 dernières années ne peuvent être distingués du rayonnement de fond naturel, et que les risques pour la santé sont identiques aux risques pour la santé de la population générale dans d’autres parties de la province.

Surveillance environnementale

Dans le secteur nucléaire, toutes les sortes de contaminants émis par une installation constituent des rejets. Ce rapport examine différents types de rejets et leurs impacts possibles sur le sol, l’air et l’eau dans la région de la péninsule Lepreau, ainsi que tous les impacts possibles sur la santé humaine.

L’image ci-dessous illustre comment un rejet peut atteindre l’environnement par ce qu’on appelle une voie d’exposition. Pour la centrale nucléaire de Point Lepreau, le graphique représente en version simplifiée l’installation et différents types de rejets – comme les émissions atmosphériques ou les effluents dans l’eau –, ainsi que les récepteurs humains et écologiques qui pourraient interagir avec ces rejets.

 Voies d’exposition potentielles pour les rejets atmosphériques et aquatiques dans l’environnement d’une centrale nucléaire générique.

Figure 1 – Description : Cette image illustre les voies d’exposition par lesquelles un rejet de la centrale nucléaire de Point Lepreau pourrait atteindre l’environnement et les humains.

Ces voies d’exposition comprennent les éléments suivants : rejet atmosphérique, rejet liquide dans l’eau, ruissellement des eaux pluviales, vapeur de tritium, inhalation, inhalation et immersion dans l’air, ingestion d’aliments sauvages, rayonnement du sol, ingestion d’aliments aquatiques, ingestion par la faune et absorption par les organismes aquatiques.

Énergie NB doit surveiller ses rejets et les mesurer par rapport à des limites préétablies. Elle fait ensuite rapport de ses résultats à la CCSN et à d’autres ordres de gouvernement. La CCSN vérifie ces données en effectuant des inspections et des examens des programmes de protection de l’environnement d’Énergie NB, ainsi qu’en se servant d’outils comme le PISE.

Surveillance de la CCSN

Dans le cadre du PISE, le personnel de la CCSN prélève des échantillons d’air, d’eau, de sol, de sédiments, de végétation ou d’aliments locaux, comme la viande ou les légumes, dans des endroits publics près d’installations nucléaires. Ces endroits peuvent comprendre des parcs, des fermes et des plages. Les échantillons sont ensuite analysés au laboratoire de la CCSN afin de détecter la présence de contaminants liés aux activités de chaque installation.

Le personnel de la CCSN a effectué un échantillonnage dans le cadre du PISE aux alentours de la péninsule Lepreau en 2014, 2015, 2016, 2017 et 2020. En raison de la pandémie de COVID-19, une partie de l’échantillonnage prévu en 2020, y compris l’échantillonnage de l’air, a dû être effectué en septembre 2021. Dans le cadre de la dernière campagne d’échantillonnage, la Nation Wolastoqey et la communauté Mi’gmawe'l Tplu’taqnn Inc. se sont réunies pour identifier les plantes médicinales et les produits de la mer locaux consommés par les membres de leurs communautés. Le personnel de la CCSN a inclus diverses plantes recommandées dans le plan d’échantillonnage, comme le cèdre, le thé du Labrador et le foin d’odeur, ainsi qu’une variété de fruits de mer, pervenches, palourdes et homards.

Les spécialistes du laboratoire de la CCSN ont mesuré les concentrations de radionucléides dans les échantillons. Les niveaux de particules gamma, bêta et alpha brutes, de tritium et de tritium lié aux composés organiques dans tous les échantillons recueillis en 2020 étaient inférieurs aux recommandations applicables et aux niveaux de détection de la CCSN, et semblables aux résultats obtenus les années précédentes. Notre page du PISE contient d’autres renseignements à ce sujet, y compris les résultats détaillés de l’échantillonnage.

Surveillance d’Énergie NB

Air : rejets atmosphériques

Énergie NB contrôle et surveille les émissions atmosphériques associées aux activités à la centrale nucléaire de Point Lepreau, y compris l’utilisation de mazout léger, la combustion de carburant diesel et le fonctionnement de la cheminée de ventilation sur le réacteur nucléaire. En plus de surveiller les gaz à effet de serre et d’autres polluants atmosphériques, comme le dioxyde de carbone (CO2) et le dioxyde de soufre (SO2), Énergie NB mesure aussi les rejets radiologiques dans l’atmosphère, dont le carbone 14 et l’iode 131.

Émissions radiologiques annuelles dans l’air
Paramètre (Bq/an) 2015 2016 2017 2018 2019 2020 Limites de rejet
Tritium 2,8 × 1014 2,5 × 1014 1,4 × 1014 1,5 × 1014 1,5 × 1014 1,4 × 1013 2,4 × 1017
C-14 1,6 × 1011 2,8 × 1011 3,3 × 1011 3,1 × 1011 1,1 × 1011 7,1 × 1010 1,2 × 1016
I-131 7,1 × 106 2,7 × 107 1,3 × 106 <5,2 × 105 5,2 × 105 <5,0 × 105 3,9 × 1013

Les résultats de la surveillance montrent que les émissions atmosphériques ont toujours été inférieures aux limites autorisées pendant la période de surveillance. Par conséquent, le personnel de la CCSN a conclu qu’Énergie NB continue de protéger adéquatement les personnes et l’environnement.

Eau : rejets liquides

Énergie NB contrôle et surveille les effluents dans l’eau rejetés par la centrale nucléaire de Point Lepreau, y compris les rejets des eaux usées domestiques traitées à l’usine de traitement des eaux usées et celles du point de rejet de la conduite d’eau de refroidissement du condenseur dans la baie de Fundy. Les rejets radiologiques dans l’eau provenant du site pourraient quant à eux transporter du tritium, du carbone 14 et des particules alpha et bêta brutes vers les eaux de surface.

Rejets radiologiques annuels dans l’eau
Paramètre (Bq/an) 2015 2016 2017 2018 2019 2020 Limites de rejets
Tritium 4,6 × 1014 3,4 × 1014 2,4 × 1014 1,2 × 1014 1,8 × 1014 1,4 × 1014 4,5 × 1019
C-14 1,0 × 109 7,6 × 109 4,9 × 109 1,8 × 109 2,9 × 109 1,0 × 1010 3,7 × 1014

Les résultats de surveillance montrent que les rejets dans l’eau (effluents liquides traités) étaient bien en deçà des limites de rejet autorisées pendant la période de surveillance. Par conséquent, le personnel de la CCSN a conclu que le traitement des effluents liquides par Énergie NB permet de protéger adéquatement la santé des personnes et l’environnement aux alentours de la baie de Fundy.

Santé humaine

Surveillance des doses

Lorsque du rayonnement ionisant pénètre dans le corps humain ou dans la matière, il y dépose de l’énergie. L’énergie absorbée par l’exposition au rayonnement porte le nom de dose. Conformément à la réglementation de la CCSN, la dose maximale pour le public est de 1 millisievert (mSv) par an, ce qui est bien inférieur aux niveaux susceptibles d’entraîner des effets mesurables sur la santé humaine.

Pour calculer la dose efficace reçue par les personnes vivant près du site, Énergie NB a évalué le risque pour les personnes représentatives qui avaient le plus grand potentiel d’être exposées aux contaminants, soit des résidents de divers âges (adulte, enfant, nourrisson) et un plongeur adulte.

Énergie NB a également tenu compte de la manière dont les résidents pourraient être exposés aux substances radiologiques, comme en buvant de l’eau de puits ou en l’utilisant pour se laver, et en ayant dans leur régime alimentaire des poissons et du gibier locaux ainsi que des cultures ou des baies sauvages. Pour le plongeur, on présume qu’il habite loin du site, mais qu’il s’y rend pour le travail, plonge dans l’océan pour recueillir des oursins, des palourdes et des sédiments, et se nourrit de poisson local.

L’évaluation, fondée sur les concentrations maximales mesurées et d’autres hypothèses prudentes, a permis d’estimer les doses totales comme suit :

  • 0,001 mSv par an pour le plongeur
  • 0,002 mSv par an pour le résidant nourrisson
  • 0,003 mSv par an pour le résidant enfant
  • 0,004 mSv par an pour le résidant adulte

Étant donné que les estimations sont bien inférieures à la limite de dose pour le public de 1 mSv par an, le personnel de la CCSN a déterminé que les rejets radiologiques de la centrale nucléaire de Point Lepreau posent un risque négligeable pour la santé humaine.

Études sur la santé

L’examen et la réalisation d’études sur la santé constituent d’autres façons pour le personnel de la CCSN de s’assurer que les personnes vivant à proximité des installations nucléaires sont protégées. Les études sur la santé de la population et des collectivités indiquent que les troubles de santé chroniques les plus communs parmi la population de St. George, Grand Manan et la région de Blacks Harbour (les collectivités situées le plus près de la centrale de Point Lepreau) comprennent l’hypertension artérielle et l’arthrite, avec des taux comparables aux moyennes provinciales. Le cancer est l’une des maladies chroniques les plus diagnostiquées au Nouveau-Brunswick et la cause principale de décès, mais les tendances de la province sont semblables à celles observées dans le reste du Canada.

Selon les données sur l’exposition et la santé, le personnel de la CCSN n’a pas observé et ne s’attend pas à observer d’effets nocifs sur la santé des personnes de la région en raison de l’exploitation de la centrale nucléaire de Point Lepreau.

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